Journée internationale de la femme : une fête mondaine de plus ou une opportunité de revendication pour la gente féminine ?

Journée internationale de la femme : une fête mondaine de plus ou une opportunité de revendication pour la gente féminine ?

8-3-2019 (femmeinfos.ci) L’Organisation des Nations Unies croyait si bien faire, le 8 mars 1977, lorsqu’elle adoptait une résolution pour demander à tous les pays membres de célébrer une ‘’Journée des Nations Unies pour les droits de la femme’’. Le faisant, elle voulait rattraper son retard sur les initiatives socialistes et communiste en faveur de la femme qui datent du début du XXe siècle.

42 années après cet engagement de l’ONU, si des efforts en matière de respect des droits de la femme ont été constatés à travers le monde, notamment en Europe et sur le continent américain, beaucoup reste à faire pour mettre l’Afrique et une bonne partie du continent asiatique à niveau, en matière de respect des droits de la femme. En Afrique particulièrement, les femmes semblent avoir galvaudé le sens de cette noble journée pour la réduire à une simple fête mondaine.

Dès lors, il n’est pas rare d’observer, à l’occasion de la célébration du 8 mars, des femmes se livrer à des excès. Se rappelant du coup leur droit à l’égalité, plusieurs d’entre elles abandonnent foyer et enfants pour ne réapparaître que de longues heures plus tard après avoir festoyé à outrance. Mieux, nombreuses sont  celles qui préfèrent rester  confinées dans leur statut de femme.

En Côte d’Ivoire, malgré les efforts des gouvernants à hisser les femmes au même niveau de droit que les hommes, le partage du pouvoir et des responsabilités entre femmes et hommes demeure très inégal. Plutôt que de se saisir de la Journée Internationale de la Femme pour réclamer l’égalité des droits tels que voulue par la Constitution, beaucoup sont les femmes qui préfèrent s’exhiber à travers des pagnes confectionnées pour l’occasion.

Et pourtant, le tableau actuel de la représentativité des femmes dans certaines instances de décisions fait ressortir que le gouvernement ivoirien compte 7 femmes sur 41 ministres, soit 17,07% ; 29 femmes sur 255 députés, soit 11,37% ; 8 femmes sur 66 sénateurs, soit 12,12% ; 15 femmes sur 200 maires, soit 7,5% et une seule femme présidente sur 31 régions, soit 3,33%.

Face à ce tableau peu reluisant, le gouvernement a adopté, à l’issue du Conseil des Ministres en date du mercredi 6 mars 2019, un projet de loi qui favorise la représentation des femmes dans les Assemblées élues. Ainsi, un quota minimum de 30% de femmes est désormais imposé aux listes des candidats aux élections ivoiriennes. Une très belle initiative en perspective.

Alors qu’il y a de la place pour elles dans toutes les instances, les femmes gagneraient à saisir toutes les opportunités, comme la Journée Internationale de la Femme, pour revendiquer plus de droits, au risque de demeurer confinées aux rôles subalternes.

Sonia Traoré

 

 

Idrissa Konate

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