Entretien/Ruth Ouattara (Présidente de l’Association Être une femme) : ‘’les femmes doivent se former et s’intéresser à leur droits’’

Entretien/Ruth Ouattara (Présidente de l’Association Être une femme) : ‘’les femmes doivent se former et s’intéresser à leur droits’’

12-03-2019 (femmeinfos.ci) La présidente de l’Association Être une femme, Ruth Ouattara, consultante en leadership féminin a invité les femmes à se former et s’intéresser à leurs droits. Car, selon elle, l’on ne peut pas défendre ce qu’on ne connait pas. Message adressé dans une interview accordée à Femme Infos le 8 mars 2019, à l’occasion de la Journée Internationale de la femme.

Madame Ruth Ouattara, vous êtes présidente de l’association dénommée ‘’Etre une femme’’. A quand remonte son existence et quelle est la principale mission que vous lui avez assignée ?

Être une femme est une association qui a été créée en octobre 2017. Nous militons pour l’égalité entre les genres, ainsi que pour l’épanouissement et le bien-être de la femme en Côte d’Ivoire. Elle est vraiment ouverte à toute personne physique de sexe féminin, jouissant de ses facultés intellectuelles et morales et à toute autre personne partageant la vision Être une femme. Mais l’admission est soumise à l’acceptation du comité de gestion qui statue sur les demandes  lors de ses différentes réunions.

Comment est née l’idée de création d’une telle organisation ?

A l’origine, j’ai toujours nourri l’idée de prêter main forte aux femmes comme moi, mais je me suis retenue jusqu’à ce que je sois sélectionnée pour un programme américain dans lequel j’ai compris que j’avais le pouvoir de mettre une association en place en réunissant tout le monde autour de ma vision, afin de contribuer à changer les choses dans la société. Ainsi, avec l’aide de 4 amies, promotionnaires de fac, nous avons mis l’association en place. Il faut dire qu’à ce jour nous sommes à 48 membres qui militons pour l’égalité du genre, le leadership et l’autonomisation de la femme.

Que représente pour vous la Journée Internationale de la Femme célébrée tous les 8 mars ?

Le 8 mars est pour nous la Journée internationale des droits de la femme. Nous disons journée internationale de la femme sans connaître le fond en le prenant pour un jour de fête. Mais il faut savoir que l’idée est toute autre, car pour nous c’est un jour consacré aux droits de la femme. C’est pourquoi en ce jour nous avons initié, en partenariat avec la fondation de l’Institut de la haute pratique du droit (IHPD) avec son directeur Maître Lobé, le Droit au féminin pour éclairer les femmes sur leurs droits. Pour nous, le constat est que les femmes ne connaissent pas réellement leurs droits et même les procédures judiciaires en cas de violation.

Quelles sont les actions que votre association a déjà menées ?

Les années précédentes nous avons animé une conférence au lycée des jeunes filles de Bingerville. A l’occasion, nous avons parlé du leadership comme une arme et le 13 octobre 2018 nous avons été dans le village d’Attiékoi pour enseigner les droits de la jeune fille. Nous les avons édifiées sur le droit des femmes, le leadership, l’importance de l’école, l’éducation sexuelle et les méthodes contraceptives pour éviter les grossesses en milieu scolaire.

Quels types d’activités avez-vous prévu en cette année 2019 ?

Nous avons plusieurs évènements en vue. Nous voudrions faire la 2ème édition du droit au féminin dans un village. Ensuite, nous animerons des conférences afin que toutes les jeunes filles soient au même niveau d’information, en termes de droits.

Quel objectif voulez-vous atteindre d’ici à la fin d’année ?

Cette année, nous aimerions agir dans les villages parce que là-bas, les filles sont abandonnées à leur sort. Nous leur donnerons la possibilité de connaître leurs droits et sensibiliser tous les villageois, de sorte à rendre l’égalité plus effective.

Avez-vous des partenaires ?

Nous sommes à la recherche de partenaires. L’association est nouvelle donc nous avons besoin de personnes pour nous soutenir. Comme nous le savons une association n’est pas une entreprise. Ce sont les membres qui aident l’association à mener des activités. Ainsi, l’apport d’autres personnes nous permettra de faire de grandes choses.

Avez-vous des messages à l’endroit des jeunes filles ?

Les femmes doivent se former et s’intéresser à leur droit car on ne peut pas défendre ce qu’on ne connait pas. Il est important que chacune de nous s’approprie ses droits. A la société j’aimerais dire de ne pas voir le 8 mars comme une fête de la femme, mais une journée des droits de la femme qui célèbre les combats d’hier, d’aujourd’hui et peut-être ceux de demain.

Voulez-vous faire un appel au gouvernement ?

J’aimerais que le gouvernement ivoirien tourne un regard sur les associations, car ce n’est vraiment pas facile. On a vraiment besoin que le gouvernement nous aide et même la société en générale, des personnes également peuvent nous venir en aide.

Réalisé par Rebecca Traoré

Idrissa Konate

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