Entretien/Sarah Traboulsi (Directrice de Seedballs Côte d’Ivoire) : ‘’la technique des seedballs permet de faire du reboisement à grande échelle et à moindre coût’’

Entretien/Sarah Traboulsi (Directrice de Seedballs Côte d’Ivoire) : ‘’la technique des seedballs permet de faire du reboisement à grande échelle et à moindre coût’’

4-9-2019 (femmeinfos.ci) Elle revient fraîchement du Kenya où elle a été formée au concept de seedballs qui est une technique originale de reboisement. Sarah Traboulsi, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, s’est assigné pour mission de faire profiter son pays de cette nouvelle technique. Dans cet entretien avec elle, la Directrice de Seedballs Côte d’Ivoire est longuement revenue sur les avantages liés à cette nouvelle méthode de reforestation.

Madame Sarah Traboulsi, vous êtes la Directrice de Seedballs Côte d’Ivoire. Depuis peu, vous essayez de développer, ici en Côte d’Ivoire, cette technique de reboisement que vous avez découverte au Kenya et qui existe déjà dans d’autres parties du monde, notamment en Inde, en Thaïlande et en Europe. Quelle est la particularité de cette technique ?

Il s’agit d’un grand projet de reboisement national. C’est au Kenya où il existe depuis quatre (4) ans, que nous avons été formée dans le cadre de cette technique innovante de reboisement. Nous essayons, à notre tour, de la divulguer ici en Côte d’Ivoire. Sa particularité réside dans le fait qu’il s’agit d’une balle contenant une graine qui est en réalité, une pépinière ambulante.

Cette nouvelle technique obéit-elle aux méthodes anciennes de reboisement ?

A l’intérieur de la balle se trouve la graine qui a tout ce qu’il faut pour devenir un arbre. Pour ce faire, il suffit de jeter la balle dans la nature et au contact de l’eau, la graine germe tout simplement. Avec les seedballs, l’objectif visé est de recréer les forêts primaires. Ce concept n’obéit pas forcément à une quelconque organisation. Comprenez que personne n’a organisé les forêts que nous avons trouvées. Elles n’ont pas eu besoin de la main humaine pour s’installer. Et c’est sur ce modèle que le concept des seedballs se fonde, d’autant plus que la nature a ses droits.

Dans le cadre de l’expérimentation des seedballs en Côte d’Ivoire,  avez-vous des contacts avec les autorités compétentes, notamment le ministère des Eaux et Forêts ?

Nous travaillons effectivement avec le ministère des Eaux et Forêts. Pour preuve, pas plus tard qu’hier (Ndlr : jeudi 29 août 2019), nous étions sur un site de forêt classée, où il est prévu l’installation de sites pilotes. Nous avons au total cinq (5) forêts classées sur les sites desquelles nous devons travailler avec le ministère des Eaux et Forêts, la Sodefor et la Banque Mondiale. Nous sommes en train de tester le concept en milieu naturel et en fonction des résultats, nous allons procéder à la duplication. Je voudrais que le système des seedballs permette de faire du reboisement à grande échelle et à moindre coût. Il y a toute une ligne depuis la pépinière jusqu’au planting qui est complètement supprimée grâce aux seedballs.

A combien peut-on estimer le coût d’une opération de plantig d’arbres à partir de ce nouveau concept ?

Pour un hectare, il faut mobiliser entre 800 000 Fcfa et 1 million Fcfa, dans le cadre d’un planting normal. Mais avec le système des seedballs, il suffit d’avoir un sac de 25 kilogrammes dont le coût oscille entre 200 000 et 300 000 Fcfa, en fonction de la qualité de certaines espèces qui sont relativement plus chères que les autres

Vos expériences en Côte d’Ivoire semblent se limiter seulement dans les forêts classées au Sud du pays, où la nature est plus réceptive à la forêt. Est-il possible d’étendre le reboisement à partir des seedballs dans les zones de savane au Nord ?

C’est possible partout. J’en veux pour preuve le Kenya où nous avons été formée au système des seedballs. C’est un pays dégarni de forêt. Toutefois, il faut relativiser, car il y a certaines espèces qui ont besoin de beaucoup plus d’eau. Evidemment, ce ne sont pas ces espèces que nous allons aller planter à Korhogo ou à Bouna, où les plus pluies se font souvent très rares. Notre démarche obéit au respect des écosystèmes.

Comment se fait l’approvisionnement en seedballs ?

Il suffit juste de s’approvisionner en graines des espèces à la Sodefor, pour ensuite fabriquer les seedballs. Je voudrais vous rassurer qu’il n’y a absolument rien de chimique dans la fabrication des balles. Tout est naturel. A travers ce système, la graine est à l’abri des oiseaux et des insectes et peut rester aussi longtemps que possible en conservation. Elle ne se met à germer qu’au contact de l’eau.

Avez-vous un partenariat particulier avec les communautés villageoises en vue de réussir votre mission de recréation des forêts en Côte d’Ivoire ?

Notre volonté est de mobiliser les entreprises citoyennes à nous permettre d’obtenir le maximum de graines, dans le cadre de notre mission de divulgation des seedballs, pour ensuite les distribuer aux communautés villageoises. Tenez-vous bien, nous avons déjà été contactés par une coopérative de 522 planteurs, dans la région de Tabou, qui sont mobilisés à nous accompagner. Je voudrais profiter de cet entretien pour inviter les entreprises privées à s’impliquer davantage dans la politique de reforestation du Gouvernement ivioirien.

Réalisé par Sonia Traoré

Idrissa Konate

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