Covid-19 : quelle prise en charge pour les femmes enceintes pendant l’épidémie ?

Covid-19 : quelle prise en charge pour les femmes enceintes pendant l’épidémie ?

Les femmes enceintes et leur enfant à naître ne semblent pas particulièrement susceptibles de développer des formes sévères de Covid-19. Cependant, par précaution, le Collège national de Gynécologie-Obstétrique recommande d’adapter la prise en charge de la grossesse au contexte épidémique.

Peu d’études concernant le Covid-19 ont été menées chez les femmes enceintes et leur enfant à naître. Cependant, les quelques recherches qui ont été conduites notamment en Chine suggèrent que les femmes enceintes et leur fœtus ne sont pas particulièrement susceptibles de développer des formes sévères de Covid-19. Par précaution et par analogie avec des données concernant des coronavirus cousins du SARS-CoV-2, dont certains tels que le SARS-CoV-1 et le MERS-CoV s’avèrent dangereux pendant la grossesse, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) considère cependant depuis le 11 mars 2020 les femmes enceintes comme “à risque de développer une forme grave d’infection à SARS-CoV-2”.

Il est ainsi conseillé aux femmes ne présentant pas de symptômes de la maladie d’appliquer rigoureusement les gestes barrière et de respecter le confinement au cours de leur grossesse. Le Collège national de Gynécologie-Obstétrique recommande par ailleurs aux professionnels de la santé de suivre de très près leurs patientes atteintes par le Covid-19. Pour la plupart de ces patientes, l’accouchement et le suivi post-partum apparaissent toutefois très peu modifiés : les enfants ne sont pas séparés de leur mère à la naissance, l’accouchement par voie basse reste possible et le séjour en maternité, à moins que la mère ou le bébé ne présente des signes de complications, n’est pas allongé.

Quels risques pour les futures mères et leur enfant à naître ?
“A l’heure actuelle, on pense que les femmes enceintes ne sont pas plus susceptibles que les autres femmes adultes d’attraper le Covid-19 et que la grossesse n’est pas non plus un facteur de risque de formes sévères”, affirme le Docteur Olivia Anselem, gynécologue obstétricien à la maternité Port-Royal, à Paris. Dans une étude publiée par le Lancet, des médecins chinois révèlent en effet que sur 9 patientes enceintes atteintes de Covid-19 accueillies à l’hôpital Zhongnan de l’Université de Wuhan entre le 20 et le 31 janvier 2020, aucune n’a développé de pneumonie sévère ou est décédée. Et ce même si des virus membres de la famille des coronavirus tels que le SRAS-CoV-1 et le MERS-CoV ont mené lors de précédentes épidémies à des complications graves pendant la grossesse, rappellent des spécialistes de l’Université de Lausanne dans le même journal.

Cependant, ces investigations menées auprès de cohortes très réduites de femmes ne permettent pas d’établir avec certitude que les patientes enceintes ne développent pas plus d’infections graves au Covid-19 que les autres femmes adultes : “Face à une situation par rapport à laquelle on a très peu de recul, il faut rester prudent au 3ème trimestre de la grossesse”, indique le Docteur Anselem. Car il est connu qu’au 3ème trimestre de la grossesse, le système immunitaire des femmes semble plus vulnérable aux agents pathogènes. Par ailleurs, des modifications anatomiques (élévation du diaphragme), métaboliques (augmentation de la consommation d’oxygène) et histologique (œdème de la muqueuse des voies respiratoire) liées à la grossesse rendent les patientes particulièrement sensibles aux infections pulmonaires. “C’est pourquoi la pandémie de grippe de 1918 a provoqué un taux de mortalité de 2,6 % dans l’ensemble de la population, mais de 37 % chez les femmes enceintes”, soulignent les spécialistes suisses. “L’état de santé de toutes les femmes atteintes de Covid-19 prises en charge à la maternité Port Royal jusqu’à aujourd’hui est cependant très bon”, rassure la gynécologue.

Aucune fausse couche ne semble cependant avoir été provoquée par le nouveau coronavirus
L’état de santé des nouveau-nés pris en charge à la maternité du Docteur Anselem semble lui aussi très rassurant. “En fait, les cas de transmission du virus in utero semblent très rares : la plupart des contagions relevées surviennent après l’accouchement, après des contacts rapprochées entre des mères infectées et leur bébé”, révèle-t-elle. En effet, aucun des 9 enfants de Wuhan nés par césarienne (afin d’éviter des transmissions du virus par voie vaginale) de mères touchées par le Covid-19 n’a été testé positif au SARS-CoV-2. Une recherche plus récente publiée dans le Journal of American Medicine Association (JAMA) le 26 mars menée également à Wuhan cette fois auprès de 33 nouveau-nés a elle suggéré que 3 enfants, tous des garçons, auraient pu être infectés in utero. Parmi ces 3 nourrissons, un seul, né prématurément, a dû être pris en charge en soins intensifs où il a guéri (7 jours après sa naissance, le virus n’était plus détectable dans son organisme).

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