Masculinité positive : Une nouvelle alternative pour une lutte efficace contre les violences basées sur le genre

Masculinité positive : Une nouvelle alternative pour une lutte efficace contre les violences basées sur le genre
Du 25 Novembre au 10 Décembre de chaque année, le monde entier consacre de manière symbolique 16 jours à la lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles à travers une campagne. Cette initiative constitue une opportunité pour susciter l’implication de l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux et intensifier la sensibilisation contre les multiples formes de violences subies par les femmes et les enfants. Ces violences se manifestent sous diverses formes dont les mutilations génitales féminines, les mariages précoces, les violences sexuelles, les violences physiques, les maltraitances psychologiques et émotionnelles, les Dénis d’Opportunités et de Ressources.
Généralisation et persistance des produits violences basées sur le genre (VBG) en Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, les Violence Basées sur le Genre (VBG) constituent une préoccupation majeure, du fait de leur ampleur, leur généralisation et leur persistance dans la société en dépit des nombreux efforts déployés par l’Etat. Selon les données officielles du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), les cas de VBG rapportés par type en 2019 sont au nombre de 3193.
Pour ce qui est de l’année 2020, provisoirement ce sont de janvier 2020 à juin, 2 352 cas de VBG.
Une étude réalisée en 2020 par le RHEEG-CI, en collaboration avec le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), et avec l’appui financier du PNUD confirme cet état de fait.
L’objectif de cette étude sur les déterminants sociaux de la prévalence et de l’accentuation des VBG en situation d’urgence en Côte d’Ivoire était d’évaluer les facteurs favorisant la prévalence et l’accentuation des VBG, afin d’accompagner le Gouvernement dans la recherche de solutions, et de combler un gap en termes de données désagrégées en cette période de Covid 19. Selon Coulibaly Pelbien Ghislain, cette étude d’envergure nationale s’est déroulée dans cinq grandes régions de la Côte d’Ivoire à savoir le Gbêkè (Bouaké), le Poro (Korhogo), le Tonkpi (Man), le Gontougo (Bondoukou) et le District Autonome d’Abidjan (Abidjan). Il en ressort que les VBG sont le plus fréquemment observées dans les ménages (familles) en Côte d’Ivoire (71%). L’étude rapporte que les hommes et les garçons ont une part de responsabilité dans la prévalence et l’accentuation des VBG en Côte d’Ivoire (auteurs des VBG (66,5%).
La masculinité positive pour mieux promouvoir l’égalité de genre
Dans la mouvance de la 30ème édition de la célébration de la campagne des 16 jours d’activisme, le site en ligne Zereinfos.com est allé à la rencontre de COULIBALY Pélibien Ghislain, Sociologue, expert en Genre et président du Réseau des hommes engagés pour l’égalité du genre en Côte d’Ivoire (RHEEG-CI) dont l’objectif principal est de contribuer à la lutte contre les obstacles liés à l’égalité de genre et la promotion de la justice sociale en Côte d’Ivoire.
Ce réseau souhaite mettre en évidence la masculinité positive dans le cadre de la promotion de l’égalité de genre. Il s’agit ici du changement d’attitudes des hommes envers les femmes dans le but d’améliorer de façon concrète les conditions de vie des femmes et de leur communauté. « La Masculinité positive, c’est une approche qui permet de déconstruire les rapports de genre valorisés par la société patriarcale. En effet, elle permet à l’homme de bannir la violence, d’être un partenaire pour la femme, de reconnaitre en celle-ci des compétences et de les utiliser en cas de besoins pour résoudre ses problèmes et pour progresser. Enfin, cette approche permet également à l’homme de prendre part aux travaux de la maison, aux soins des enfants et de veiller avec la participation de son épouse et de ses enfants au bien être de sa famille », explique le président du RHEEG-CI, COULIBALY Pélibien Ghislain.
La Masculinité positive, une nouvelle alternative contre les VBG en Côte d’Ivoire
Dans cette perspective, la Masculinité positive se pose comme une nouvelle alternative pour une lutte efficace contre les VBG en Côte d’Ivoire, estime le premier responsable du RHEEG-CI.
« L’enquête réalisée par le RHEEG-CI en 2020 a révélé que les hommes et les garçons ont une part de responsabilité dans la prévalence et l’accentuation des VBG en Côte d’Ivoire. On peut déduire que la problématique du genre est un problème d’ordre systémique et culturel. Dès lors, le défi pour la Côte d’Ivoire réside dans la transformation des rapports sociaux entre les hommes et les femmes, les garçons et les files en vue de réduire les inégalités pour atteindre les objectifs de développement inclusif, durable et équitable », souligne le sociologue et expert en genre.
Dans cette optique, l’engagement des hommes et les garçons en tant qu’alliés à la fois devient une option nécessaire pour une lutte efficace contre le phénomène des VBG. Ceci devrait réduire les disparités entre les sexes et autonomiser les femmes et les filles, mais également s’attaquer aux attitudes, aux pratiques et aux formes oppressives de masculinité qui influent sur les hommes et les femmes.
Il est donc nécessaire, pense l’expert, d’unir les acteurs étatiques et non-étatiques autour d’une vision de transformation des rapports de pouvoir hommes-femmes dans une perspective de promotion des valeurs de la Masculinité Positive (MP).
Le RHEEG-CI entend donc mener le plaidoyer pour la prise en compte de la masculinité positive comme approche nouvelle dans les stratégies de lutte contre les VBG.
Marcel Pulaski

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