Taekwondo en Côte d’Ivoire : les femmes prennent le devant

Taekwondo en Côte d’Ivoire : les femmes prennent le devant
C’était impressionnant ! Ce vendredi 11 septembre 2020, elles ont, chacune à son tour de passage, capté l’attention de la salle. Sautillantes et dynamiques, petit cri offensif, mouvement alertes, elles ont tour à tour, enchaîné sans répit des coups de pieds de face et de dos sur le plastron ou l’adversaire…
Kragbé Cynthia, Gnagne Marie Floris et Ouattara Awa ont réussi le test pour devenir les trois premières femmes professeurs de taekwondo, formées par l’Etat de Côte d’Ivoire, à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) d’Abidjan-Marcory. Elles sont titulaires d’un Master 2 option taekwondo. Ce diplôme leur confère le grade de 4ème dan. C’est le sésame qui leur ouvre les portes au grade du diplôme d’entraîneur fédéral.
Cragbé Cinthia, major de la promotion.
Pour en arriver là, les trois candidates ont prestés sur six matières notées chacune sur 20 points. La moyenne pour être admissible était de 12 sur 20. Les athlètes ont donné le meilleur d’eux-mêmes tant en poomsae qu’en kyokpa en passant par houbeon kyorugi, horshinsul et kyorugi devant un jury qui avait pour président le Grand Maitre Kraidy Lucien CN 7ème Dan, Professeur à l’École Normale Supérieure d’Abidjan et Vice President de la FITKD. Il avait pour assesseurs Me Ediemou Christophe CN 6ème dan et Président de la Commission des Arbitres, Me Dakro Paul CN 6ème, Instructeur et Arbitre International, Me Ibrahim Ouattara CN 5ème dan et président  de la commission Formation Evaluation, Me Ettien N’goran CN 5ème dan et  membre de ladite commission. Le tout coordonné par Me Niava Jean-Jacques CN 6ème dan et Directeur Technique National de la FITKD. « Les trois dames ont été excellentes. Elles ont passé avec brio toutes les épreuves montrant qu’elles sont prêtes pour les différentes missions de formation et de promotion de notre discipline », s’est réjoui le Grand maître Kraidy.
En Côte d’Ivoire, le succès du taekwondo est net. En dix ans, le nombre de licenciés dans ce sport est passé de 16 000 à 40 000 personnes, faisant de l’art martial sud-coréen, le deuxième sport du pays, devant l’athlétisme et le basket, selon la Fédération ivoirienne de Taekwondo (FITKD).
Aujourd’hui, 355 clubs sont répartis dans toutes les régions du pays.Discrètement arrivé sur le sol ivoirien grâce au grand maître sud-coréen Kim Young Tae, spécialement venu en Côte d’ivoire en 1968, pour former des maîtres ivoiriens, le Taekwondo passionne les jeunes ivoiriens qui s’identifient à ses champions de 2016. Lors des JO de 2016 à Rio de Janeiro on se souvient du triple champion d’Afrique de 26 ans, l’Ivoirien Cissé Check, qui remportait la seule médaille d’or olympique de son pays dans la catégorie des moins de 80 kg. Quand sa compatriote Ruth Gbagbi, 25 ans, décrochait la médaille de bronze lors de ces mêmes jeux dans la catégorie des moins de 67 kg.
Ces premiers fonctionnaires, produits par l’État de Côte d’Ivoire, ont pour mission préparer la relève de ces deux champions qui continuent de faire la fierté nationale.
Kragbé Cynthia, Gnagne Marie Floris et Ouattara Awa, sont appelées à enseigner et de faire la promotion de cet art martial coréen partout dans les établissements secondaires du pays. « Nous sommes la première promotion des femmes professeurs de taekwondo en Côte d’Ivoire. Je sais que nous sommes beaucoup attendues sur le terrain. Mais je n’ai pas peur parce que nous sommes prêtes pour les tâches qui nous seront données par le ministère des Sports et la Fédération Ivoirienne de Taekwondo », a assuré Cragbé Cinthia, au nom des impétrantes.
« Vous serez ceux qui allez contribuer aussi à l’avènement d’un nouvel ivoirien.  Nous voyons loin. En Corée, il y a un PHD taekwondo. Pourquoi nos enseignants n’iraient-ils pas en Corée pour continuer et renforcer l’enseignement du taekwondo dans le pays ? En tout cas, cela fait partie de nos projets avec l’ambassade de Corée, la Koica », a révélé le président de la cette fédération, Me Bamba Cheick Daniel.  « C’est un rêve qui se réalise. Le président Bamba Cheick Daniel avait de grands rêves pour le taekwondo ivoirien. Dieu aidant, tous ses rêves sont en train de se réaliser. D’abord l’introduction du taekwondo à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports en tant que matière académique. Désormais, il y a le Prefessora option taekwondo qui est inscrit à l’INJS. A partir de maintenant, nous allons avoir des professeurs ayant pour spécialité le taekwondo. C’est donc à la fois un rêve et une consécration », s’est félicité le secrétaire général de la FITKD, Me Anzoumana Siaka.
Marcel Pulaski

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