Mme Kouadio N’Zué Suzanne (Semencière à Sakassou) : « Mon cri du cœur c’est que j’ai besoin de forage… »

Mme Kouadio N’Zué Suzanne (Semencière à Sakassou) : « Mon cri du cœur c’est que j’ai besoin de forage… »

Mme Kouadio N’zué Suzanne est la présidente de SCCOPS E-NZRAMA spécialisée dans la production de semences. Elle est également semencière dans la région de Sakassou. Elle était présente, du 24 au 26 décembre 2020 à Yamoussoukro, dans le cadre de la 2ème édition du Forum des agriculteurs des coopératives de coopératives de Côte d’Ivoire. Elle parle de son métier de semencière et sollicite de l’aide.

Pourquoi êtes-vous présente à la Fecoopci 2020 ?

Je suis productrice de semence. J’ai eu un projet de Papaci et FIRCA. Nous avons fait le mois de mars et après on nous a formé comme des semenciers. C’est après cela que je suis devenue semencière et je travaille avec les produits de semences. Les semences concernent la tomate, l’aubergine, le gombo, le piment et du soja blanc.

Est-ce que ça marche ?

Bon ça ne marche pas comme je le veux. Parce que bien qu’on nous a formés, mais comme nous ne produisons pas de semence ici, je n’ai pas de débouchés où je dois vendre ma production afin d’avoir des bénéfices. Je ne peux pas dire actuellement que ça marche parce que je n’ai pas encore atteint mon but.

 Qu’est-ce que vous avez besoin comme soutien pour que votre but soit atteint ?

 J’ai besoin de machines parce que nous ne sommes plus à l’étape de la daba. J’ai besoin des machines pour labourer, nettoyer mon champ et aménager mon terrain. J’ai besoin d’un forage. J’insiste là-dessus. C’est mon cri du cœur. Quand il n’y a pas d’eau, je ne peux pas travailler. Et quand je ne peux pas travailler, je suis malade. On m’a appris quelque chose que je maîtrise. Mais quand je ne peux pas l’appliquer, c’est comme c’est vain. Alors je demande aux personnes de bonne volonté qui peuvent m’aider de le faire. Même si elles ne peuvent pas tout faire, au moins si ces personnes peuvent aménager et faire un forage pour moi, deux hectares, c’est déjà bon. Car cela va me permettre à tout moment, que ce soit en saison sèche comme en saison pluvieuse, de pouvoir travailler. Afin qu’on puisse payer les semences au pays.

Je demande aussi, à ce que l’Etat nous aide ou les gens de bonne volonté nous aident afin de nous mettre en contact avec des structures qui achètent des semences. Il s’agit de faire en sorte que ceux-ci viennent vers nous pour en acheter ou pour en vendre. Ou pour que nous aussi puissions aller vers eux. Nous ne les connaissons pas, nous sommes au village. Nous qui faisons le travail de la terre nous sommes perdues. Parce que nous n’avons pas de contact avec les grandes sociétés. S’ils entendent ma voix, qu’ils prennent mon numéro et qu’ils m’appellent afin que nous puissions discuter pour nous entendre sur les modalités d’achats et de vente. Car il s’agit, en faisant cela, de permettre aux femmes qui sont avec moi de gagner de l’argent pour pouvoir scolariser leurs enfants.

Je voix des trophées devant vous. C’est à quelle occasion vous avez eu tous ces trophées ?

J’ai eu ces trophées quand je suis devenue productrice de semences. Nous étions 7 femmes, parmi lesquelles on m’a choisie comme étant la meilleure. J’ai été la meilleure des meilleures. Après cela, j’ai été décorée comme étant la meilleure agricultrice de Sakassou. En décembre dernier, AVA m’a décoré encore dans le même contexte. Ce que je voudrais dire, c’est que les trophées sont beaux, mais il n’y a rien derrière les trophées. Je voudrais qu’on m’aide afin que quand les gens en me voyant au village sachent que derrière les trophées, je suis également riche. Mais derrière les trophées, il n’y a rien comme enveloppe. Donc je demande à ce qu’on nous aide et que quand on nous donne les trophées on puisse avoir quelque chose. Je paie les machines de mes propres frères. Donc si j’arrive à faire rentrer de l’argent, je ne vais pas attendre que l’Etat vienne tout faire. Je lance aussi un appel à nos sœurs. Je sais que faire le travail de semence c’est difficile, mais c’est bon. Mes sœurs ne s’intéressent pas trop parce qu’il n’y pas de débouchés. Si nous obtenons des ouvertures, nous n’allons plus aller chercher des semences en France, nous allons les faire ici et nous allons les consommer à l’ivoirien et cela va aider nous tous.

Propos recueillis par :

Ben KAKOU

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